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À partir des années 1960, l’Amérique assiste à l’émergence d’une contre-culture noire, qui quelques années plus tard prend le nom d’afrofuturisme dans les écrits universitaires de Mark Dery. Avec le temps, cette contre-culture s’est transformée en véritable mouvement culturel : un courant artistique, esthétique, musical, vestimentaire (et autres) dont le fond de pensée est radical et critique de la société occidentale.

L’afrofuturisme réinvente les communautés noires en les imaginant dans des sociétés dystopiques et magiques, émancipées de toute trace de colonisation, et se réappropriant les technologies.


En visualisant ces mondes, il est quand même difficile de trouver la place des afro-caribéen.ne.s, sans effacer une part de leur identité. Les sociétés caribéennes sont souvent dites “créoles” (terme au coeur de nombreux débats non tranchés), en référence aux multiculturalités qui les composent, héritées de la colonisation et des différentes migrations. Edouard Glissant romancier, poète et philosophe martiniquais définit la “créolisation” comme

“Un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. […] un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques.”

( voir interview pour Le Monde ici )

Si pour le cas des sociétés caribéennes il est difficile d’imaginer un passé sans colonisation, on peut néanmois rêver et tenter d’établir des hypothèses sur un futur libre où tous les peuples auraient réussi à obtenir réparations et émancipation.

À quoi ressembleraient ces sociétés dites créoles ? Vers quoi muteraient les identités culturelles et les systèmes de pensées ? Que donneraient-elles visuellement ? Quelles esthétiques y seraient privilégiées ? De quoi les corps seraient-ils ornés ?

Cette grande réflexion nécessite de prendre en compte de nombreux facteurs et duquel on pourrait émettre une multitude d’hypothèses. Avec des vidéos sélectionnées par les soins de David Démétrius, la sélection de cette semaine vous propose des pistes d’univers à explorer pour alimenter vos rêves sur les futures sociétés caribéennes.


Dans un décor pastoral, romantique et ambiancé par une bande sonore complètement atypique, A.Potts nous présente sa collection Printemps/Eté 2022. On y apprécie les formes organiques, les volants, les textures qui font clin d’oeil à nos souvenirs tout en nous transportant dans une dimension future.


La designer caribéenne Déborah Latouche nous présente la nouvelle collection de Sabirah. Fidèle aux ambitions progressistes de la marque, nous sommes accueillis dans un univers cosmopolite et sororal propice à l’élévation de toutes les femmes quelque soient leur taille, leur religion ou leur race.


Ce court film présente la collection Printemps/Eté 2022 de Anciela, tout en rendant hommage à la grand-mère de Jennifer Droguett (la designer de la marque). Elle s’interroge sur ce qui s’est passé dans les années 70-80, et imagine une conversation entre le passé et le présent dans un univers d’entre-deux. En utilisant le poème et la chanson pour soutenir le dialogue, cette histoire explore les thèmes du changement social et de la guérison par l’art.


Pour finir cette sélection, voici la collection Printemps/Eté 2022 de Botter où la Caraïbe est mise à l’honneur face aux problèmes climatiques. Co-intitulée “Global Warning” il nous rappelle le climat d’urgence dans lequel nous sommes actuellement, en nous plongeant dans un monde alternatif et dystopique, avec pour ambition de remettre la crise environnementale au centre des priorités, sans quoi il sera difficile de se projeter dans un futur quelconque.

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